Qui doit avoir un plan de sécurité incendie ?
C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse ne dépend ni de la taille de votre entreprise ni de son nombre d'employés. Elle dépend de l'usage du bâtiment. L'article 2.8.1.1 du chapitre Bâtiment du Code de sécurité du Québec énumère les situations où un plan de sécurité incendie doit être préparé.
- Tout bâtiment contenant un établissement de réunion, de soins, de traitement ou de détention. Cette catégorie couvre notamment les écoles, les garderies, les salles communautaires, les restaurants, les cliniques et les centres d'hébergement.
- Tout bâtiment pour lequel les exigences en vigueur lors de la construction ou de la transformation prévoyaient déjà un plan de sécurité incendie.
- Les chantiers de démolition et de construction visés par la section 5.6 du Code.
- Les aires de stockage pour lesquelles un plan est exigé conformément aux articles 3.2.2.5 et 3.3.2.9.
- Les aires où des liquides inflammables ou combustibles sont stockés ou manutentionnés.
- Tout bâtiment abritant une résidence privée pour aînés.
Un bureau ou un commerce de détail qui n'entre dans aucune de ces catégories n'est donc pas automatiquement assujetti à l'article 2.8.1.1. Attention toutefois avant de conclure que vous n'avez rien à faire : les exigences applicables lors de la construction, un règlement municipal, une exigence de votre assureur ou la présence de matières dangereuses peuvent rendre le plan obligatoire malgré tout. Le texte de référence est publié par le Conseil national de recherches Canada et présenté par la Régie du bâtiment du Québec.
Ce qui change le 16 octobre 2026
Le chapitre Bâtiment du Code de sécurité incluant le CNPI 2020 modifié est entré en vigueur le 17 avril 2025. La Régie du bâtiment a prévu une période transitoire de 18 mois, qui prend fin le 16 octobre 2026. Parmi les modifications techniques annoncées figure explicitement la conformité des plans de sécurité incendie au Code de sécurité et leur mise en application.
Plan de sécurité incendie, plan d'évacuation, mesures d'urgence
Ces trois expressions sont employées comme des synonymes, y compris par des fournisseurs. Ce sont trois documents distincts, et confondre les deux premiers est la cause la plus fréquente des refus en inspection.
- Le plan de sécurité incendie est le document exigé par l'article 2.8.2.1. Il décrit les mesures à prendre en cas d'incendie, le personnel de surveillance et sa formation, les installations de sécurité incendie du bâtiment et leur entretien. C'est un document de gestion, destiné au responsable du bâtiment et au service incendie, pas aux occupants.
- Le plan d'évacuation est le document affiché dans les corridors. Il montre les issues, les trajets, le point de rassemblement et les équipements, à l'intention de quelqu'un qui doit sortir en trente secondes. Sa présentation graphique relève de la norme internationale ISO 23601.
- Le plan de mesures d'urgence dépasse l'incendie et couvre le déversement, la panne prolongée, le sinistre naturel ou l'évacuation d'un secteur. Combiné au plan de sécurité incendie, il forme ce que les services incendie appellent le PSI-MU.
Les trois se complètent et aucun ne remplace l'autre. Un plan de sécurité incendie sans plan d'évacuation affiché laisse les occupants sans consigne le jour où l'alarme sonne, et un plan d'évacuation affiché ne satisfait pas à lui seul l'article 2.8.2.1. Si c'est la portion mesures d'urgence qui vous est réclamée, elle est détaillée sur notre page plan de mesures d'urgence.
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plus de dommages dans un incendie commercial que résidentiel
Ministère de la Sécurité publique du Québec, statistiques en sécurité incendie 2021-2022. L'écart grimpe à cinq fois pour un établissement industriel.
Le Québec recense plus de 6 600 bâtiments endommagés par le feu chaque année. Après le résidentiel, les secteurs les plus touchés sont le commercial avec 1 007 bâtiments, l'industriel avec 727 et les services avec 704, selon les statistiques en sécurité incendie du ministère de la Sécurité publique.
Que doit contenir le plan de sécurité incendie ?
L'article 2.8.2.1 ne laisse pas de place à l'interprétation. Un plan conforme comprend les sept éléments suivants.
- Les mesures à prendre en cas d'incendie : faire fonctionner le système d'alarme, prévenir le service de sécurité incendie, renseigner les occupants sur la marche à suivre, évacuer les occupants en prévoyant des mesures spéciales pour les personnes ayant besoin d'assistance, et confiner ou maîtriser l'incendie.
- La désignation et la préparation du personnel de surveillance chargé des opérations de sécurité incendie.
- La formation à donner au personnel de surveillance et aux autres occupants quant à leurs responsabilités en matière de sécurité incendie.
- Les documents décrivant le type, l'emplacement et le mode de fonctionnement des installations de sécurité incendie du bâtiment.
- La tenue d'exercices d'incendie.
- La surveillance des risques présents dans le bâtiment.
- L'inspection et l'entretien des installations du bâtiment prévues pour assurer la sécurité des occupants.
Le quatrième et le septième point expliquent pourquoi un plan de sécurité incendie ne peut pas être copié d'un bâtiment à l'autre : ils exigent l'inventaire réel de vos installations et la preuve de leur entretien. C'est aussi ce qui rend un registre d'entretien à jour indissociable du plan.

Où déposer le plan et qu'est-ce qui doit être affiché ?
Trois articles distincts encadrent la circulation du document, et ils sont régulièrement confondus. L'article 2.8.2.5 exige qu'une copie du plan soit conservée à un endroit déterminé en collaboration avec le service incendie. Autrement dit, l'emplacement ne se décide pas seul : il se convient avec le service qui interviendra chez vous. L'article 2.8.2.6 impose la distribution du plan à tous les membres du personnel de surveillance. L'article 2.8.2.7 exige enfin d'afficher bien en vue, dans chaque aire de plancher, au moins un exemplaire des mesures à prendre en cas d'incendie.
C'est ce dernier article qui fait le pont avec le plan d'évacuation affiché. Un bâtiment sur plusieurs étages a besoin d'un affichage par aire de plancher, pas d'une seule affiche à l'entrée. Nos plans d'évacuation sur mesure sont produits en tenant compte de cette exigence, avec une version orientée par emplacement d'affichage.
Le personnel de surveillance doit être formé avant
L'article 2.8.1.2.1) contient une exigence dont l'ordre est régulièrement inversé sur le terrain : avant de charger le personnel de surveillance de responsabilités en matière de sécurité incendie, il faut lui donner une formation portant sur les mesures d'urgence décrites dans le plan. Désigner d'abord un responsable et le former plus tard, quand l'occasion se présentera, ne satisfait pas le Code.
À quelle fréquence réviser le plan et faire les exercices ?
- Révision du plan : à intervalles d'au plus 12 mois. L'article 2.8.2.1 exige que le plan soit révisé pour tenir compte des changements d'usage et des autres caractéristiques du bâtiment.
- Exercices d'incendie : à intervalles d'au plus 6 mois dans les usages du groupe B, soit les établissements de soins, et dans les résidences privées pour aînés. Les occupants qui ne peuvent évacuer sans assistance ne sont pas tenus de participer à l'évacuation, mais le personnel de surveillance doit tout de même les préparer comme s'ils devaient évacuer.
- Hors calendrier, trois événements déclenchent une révision immédiate : un réaménagement des lieux, un changement d'usage du bâtiment ou d'une de ses parties, et un changement de la personne responsable.
La révision annuelle est la première chose vérifiée en inspection, parce qu'elle se contrôle en regardant une date. Un plan excellent mais daté de trois ans est un plan non conforme. La plateforme Previo sert précisément à ne pas laisser passer ces échéances.
Bâtiments de grande hauteur : ce qui s'ajoute
L'article 2.8.2.4 ajoute des exigences au contenu prévu à 2.8.2.1 pour les bâtiments de grande hauteur. Il faut notamment y intégrer les consignes destinées au personnel de surveillance pour la mise en marche du système de contrôle des fumées ou de tout autre système équivalent. Un plan de grande hauteur qui reprend le gabarit d'un bâtiment ordinaire est incomplet par construction, et c'est visible dès la première lecture par un préventionniste.
Modèle en ligne, préventionniste ou logiciel ?
Chercher un modèle ou un exemple de plan de sécurité incendie est un réflexe normal, et un gabarit aide à comprendre la structure attendue. Il ne produit pas un plan conforme pour autant, parce que l'article 2.8.2.1 demande des éléments qu'aucun modèle ne peut contenir à votre place : l'inventaire réel de vos installations, leurs dessins, vos risques particuliers et la preuve de votre entretien.
Les motifs de refus les plus fréquents découlent tous de cette confusion entre un gabarit et un document propre au bâtiment.
Le plan décrit des installations que le bâtiment n'a pas, ou omet celles qu'il a.
Aucune date de révision, ou une date de plus de 12 mois.
Le personnel de surveillance est nommé mais aucune formation n'est documentée.
Les mesures spéciales pour les personnes nécessitant de l'assistance sont absentes.
Aucun exercice d'incendie n'est documenté, alors que leur tenue fait partie du contenu exigé.
Un plan d'évacuation affiché est fourni en guise de plan de sécurité incendie.
Reste la question du prix. Elle dépend presque entièrement de la taille du bâtiment, du nombre d'aires de plancher et de l'existence ou non de dessins à jour. Un bâtiment déjà documenté coûte une fraction du prix d'un bâtiment dont il faut d'abord relever les installations. Nous détaillons la démarche et les tarifs sur la page plan de sécurité incendie. Sur le plan des conséquences financières de la non-conformité, notre article sur les amendes et poursuites au Québec chiffre ce que coûte l'inaction, y compris pour le dirigeant à titre personnel. Les obligations de l'employeur en matière de sécurité des travailleurs sont pour leur part encadrées par la CNESST.




