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    Procédure d'évacuation et exercices : le guide du gestionnaire au Québec

    Qui fait quoi pendant une évacuation, comment écrire la procédure, à quelle fréquence tenir l'exercice, et ce qu'il faut consigner ensuite pour que l'exercice compte.

    CB
    Capitaine Bernier
    21 février 2025 9 min MAJ 26 août 2026
    Procédure d'évacuation et exercices : le guide du gestionnaire au Québec

    Procédure, plan affiché, plan de sécurité : trois choses distinctes

    La confusion est la première cause de non-conformité, alors autant la lever d'entrée. Le plan de sécurité incendie est le document de gestion exigé par l'article 2.8.2.1. Le plan d'évacuation est le dessin affiché dans les corridors. La procédure d'évacuation, elle, est la partie qui décrit ce que font les personnes : qui donne l'alerte, qui appelle, qui vérifie les étages, qui compte au point de rassemblement. C'est elle qui fait l'objet de cet article, et c'est elle que l'exercice met à l'épreuve.

    Le personnel de surveillance doit être formé avant

    L'article 2.8.1.2.1) contient une exigence dont l'ordre est presque toujours inversé sur le terrain : avant de charger le personnel de surveillance de responsabilités en matière de sécurité incendie, il faut lui donner une formation portant sur les mesures d'urgence décrites dans le plan. Nommer quelqu'un responsable d'étage puis le former « quand on aura le temps » ne satisfait pas le Code. Un changement de personnel devient donc un déclencheur de formation, pas seulement une correction de nom dans un document.

    • Donner l'alerte et déclencher le système d'alarme.
    • Prévenir le service de sécurité incendie, même si le système est relié à une centrale.
    • Vérifier les aires de plancher assignées, y compris les salles fermées et les toilettes.
    • Aider les personnes qui ont besoin d'assistance et appliquer les mesures spéciales prévues pour elles.
    • Faire le décompte au point de rassemblement et signaler les absents.
    • Accueillir les pompiers et leur remettre l'information sur le bâtiment et sur les personnes manquantes.

    Écrire la procédure : ce que le Code vous laisse décider

    L'article 2.8.3.1 confie la marche à suivre au responsable du bâtiment, mais il encadre ce qu'il doit prendre en compte : les caractéristiques de sécurité du bâtiment, le degré souhaitable de participation des occupants autres que le personnel de surveillance, et les caractéristiques des systèmes de sécurité incendie installés, avec des exigences supplémentaires pour les bâtiments de grande hauteur.

    Le deuxième point est celui qui se néglige le plus. Faut-il évacuer tout le monde, ou seulement l'étage sinistré et celui du dessus ? Dans un immeuble de grande hauteur, une évacuation totale peut engorger les escaliers et nuire à l'intervention. La réponse dépend de votre bâtiment, elle se décide à froid, et elle se convient avec votre service de sécurité incendie municipal. Elle ne s'improvise pas le jour où l'alarme sonne.

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    exercice par année au minimum, consigné au registre

    Chapitre Bâtiment du Code de sécurité du Québec. L'intervalle est plus rapproché dans les établissements de soins et les résidences privées pour aînés.

    L'affichage, aire de plancher par aire de plancher

    L'article 2.8.2.7 exige d'afficher, bien en vue, dans chaque aire de plancher, au moins un exemplaire des mesures à prendre en cas d'incendie. La formulation compte : ce n'est pas une affiche à l'entrée du bâtiment, c'est au moins une par aire de plancher. Un immeuble de quatre étages avec une seule affiche au rez-de-chaussée est non conforme, même si l'affiche est parfaite.

    L'article 2.8.2.6 impose par ailleurs la distribution du plan à tous les membres du personnel de surveillance, et l'article 2.8.2.5 exige qu'une copie soit conservée à un endroit déterminé en collaboration avec le service incendie. Ce dernier point surprend souvent : l'emplacement ne se choisit pas seul, il se convient avec ceux qui interviendront chez vous.

    Rôles du personnel de surveillance pendant une évacuation et étapes de l'exercice, de l'alerte au rapport consigné
    Figure 1 : Les rôles à attribuer et le cycle de l'exercice. Source : chapitre Bâtiment du Code de sécurité du Québec, articles 2.8.1 à 2.8.3.

    À quelle fréquence faire l'exercice ?

    La règle de base est au moins un exercice par année, consigné au registre du bâtiment. Les établissements de soins du groupe B et les résidences privées pour aînés sont soumis à un intervalle plus rapproché, de l'ordre de six mois, parce que leurs occupants ne peuvent pas tous sortir seuls et que la procédure y repose entièrement sur le personnel.

    La fréquence exacte applicable à votre bâtiment dépend de son usage principal. Si vous avez un doute, votre service de sécurité incendie municipal tranchera en une conversation, et c'est de toute façon lui qui viendra vérifier. Un exercice de plus que le minimum n'a jamais été reproché à personne.

    Les personnes qui ne peuvent évacuer sans assistance

    Le Code prévoit une nuance que beaucoup de gestionnaires appliquent mal. Les occupants qui ne peuvent évacuer le bâtiment sans assistance, ou qui ont des problèmes de santé, ne sont pas tenus de participer à l'évacuation pendant un exercice. Mais le personnel de surveillance doit quand même les préparer comme s'ils devaient évacuer.

    Autrement dit, on ne les fait pas descendre quatre étages pour un exercice, mais on répète tout le reste : les repérer, aller les chercher, vérifier que le matériel de transfert est là et fonctionne, confirmer qui s'en occupe. Sauter cette partie parce que « de toute façon ils ne descendent pas » est précisément l'erreur que la disposition cherche à empêcher.

    Ce qu'on observe pendant l'exercice

    • Le temps écoulé entre le déclenchement et le dernier occupant sorti.
    • Les issues réellement empruntées, qui sont rarement celles que le plan prévoit : les gens sortent par où ils sont entrés.
    • Les obstacles rencontrés : porte coincée, corridor encombré, escalier verrouillé.
    • Le comportement au point de rassemblement : les occupants restent-ils groupés, ou repartent-ils vers leur voiture avant le décompte ?
    • Les rôles non tenus, parce que la personne était absente et que personne n'a pris le relais.
    • L'audibilité de l'alarme dans les locaux fermés, les salles mécaniques et les zones bruyantes.

    Après l'exercice : la rencontre, le rapport, le registre

    C'est l'étape la plus souvent escamotée, et c'est celle qui transforme un exercice en amélioration réelle. Une rencontre se tient après l'exercice pour passer en revue ce qui a été observé. Le propriétaire ou son représentant apporte ensuite les modifications nécessaires à la procédure. Un rapport d'évacuation est rempli et le registre est mis à jour, et cela vaut autant pour un exercice que pour une évacuation réelle. Ces éléments figurent dans le guide sur la sécurité incendie publié par le ministère de la Sécurité publique.

    La logique est la même que pour l'entretien des équipements : ce qui n'est pas consigné n'existe pas aux yeux de l'autorité. Un exercice tenu mais non documenté ne vous protège ni en inspection, ni après un sinistre.

    L'annonce à lire au micro

    Si votre bâtiment dispose d'un système de communication phonique, préparez le texte à l'avance plutôt que d'improviser sous stress. Adaptez les éléments entre crochets à votre bâtiment et gardez cette annonce avec la procédure.

    Script
    Votre attention s'il vous plaît. Ceci est un exercice d'évacuation.
    
    Veuillez quitter immédiatement votre local et vous diriger vers la sortie la plus proche en empruntant les escaliers. N'utilisez pas les ascenseurs.
    
    Fermez la porte derrière vous sans la verrouiller. N'emportez pas vos effets personnels.
    
    Rendez-vous au point de rassemblement situé [emplacement précis] et demeurez sur place jusqu'à ce que le décompte soit terminé.
    
    Le personnel de surveillance porte [signe distinctif]. Suivez ses directives.
    
    Je répète : ceci est un exercice d'évacuation.

    Pour une évacuation réelle, retirez les deux mentions d'exercice. Le reste du texte demeure valable tel quel, ce qui est précisément l'intérêt de l'avoir écrit d'avance. Le cadre réglementaire complet est présenté par la Régie du bâtiment du Québec, et les points vérifiés en inspection sont détaillés dans le Guide du préventionniste.

    Questions fréquentes

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    Québec